Politique
Invité de la matinale de Public Sénat, le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel a demandé la démission d’Emmanuel Macron et l’organisation de nouvelles élections.
Le
Par Pierre de Boissieu
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Seuls 3 % des personnes interrogées estiment que les différents gouvernements ont été suffisamment inventifs dans la lutte contre le chômage, contre 47 % qui ont estimé n’être « pas d'accord » avec cette affirmation et 40 % n’être « pas d'accord du tout », soit un total de 87 %.
Ces chiffres sont corroborés par le fait que 65 % des Français considèrent que la France a eu une action moins bonne que ses voisins européens pour lutter contre le chômage (ils n’étaient que 34 % en 2003). En outre, 62 % des personnes interrogées considèrent que ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande ont lutté efficacement contre le chômage, même si Nicolas Sarkozy arrive devant l’actuel président de la République, avec 22 % contre 16 %.
De manière générale, les Français ont une vision plutôt angoissée de l’emploi : interrogés sur les mots qui leur viennent à l’esprit sur ce sujet, « chômage » est placé loin devant « travail », lui-même presque aussi fréquemment cité que « difficulté ». Paradoxalement cependant, les Français voient l'avenir plutôt en rose en matière de chômage, avec 52 % des sondés qui pensent que le chômage va se stabiliser dans les mois à venir ; même si 39 % estiment qu'il va augmenter, contre 9 % qui prédisent qu’il va diminuer.
L’emploi arrive en tête des facteurs qui déterminent le vote. Sur une échelle de 1 à 10, où 1 signifie que le facteur est très peu déterminant dans le vote et 10 qu’il a une grande incidence sur le choix d’un candidat, l’emploi a un poids moyen de 7,1, devant la sécurité (7,0) ou fiscalité et les impôts (6,4). L’emploi est un enjeu central de cette campagne présidentielle.
Emmanuel Macron emporte l’adhésion de 25 % des personnes interrogées sur l’emploi. Certaines mesures proches du programme du candidat d’En Marche ! sont très populaires auprès des Français, donnant raison à ce résultat. Par exemple, 81 % d’entre eux sont favorables la défiscalisation des heures supplémentaires, avec 41 % des sondés se disant « très favorables ». Dans ce domaine, Emmanuel Macron propose l'exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires,sans pour autant militer pour leur défiscalisation.
Les deux candidats jugés les plus à même de réduire le chômage, après le candidat d’En Marche !, sont Jean-Luc Mélenchon, pour 20 % des électeurs, et Marine Le Pen, pour 19 %. Le bon score du candidat de La France insoumise est corroboré par le bon résultat enregistré par l’une des mesures phares de son programme : 81 % des Français saluent, en effet, l’augmentation du smic à 1 326 euros. Benoît Hamon, quant à lui, ne convainc que 11 % des sondés.
François Fillon, le candidat Les Républicains, qui a axé sa campagne sur la question de l’emploi, n’est crédible qu’aux yeux de 15 % des électeurs. Cette situation est paradoxale : interrogés sur les priorités pour l’emploi, la réduction des charges des entreprises sur l’ensemble des salaires est en tête : 38 % des Français plébiscitent cette mesure devant « rendre la formation professionnelle plus performante » (26 %) et « mieux former les demandeurs d’emploi » (23 %).
Pour les Français, la cause principale du chômage serait les délocalisations, pour 22 % d’entre eux, juste devant la situation économique (21 %). En mars 2003, seuls 14 % des personnes interrogées avaient donné cette réponse, une preuve que les idées promues par des candidats comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont fait leur chemin dans l’opinion publique.
Le droit du travail briderait l’emploi. 21 % des Français voient dans les « aides financières qui n’incitent pas à travailler » une des causes principales du chômage, soit un écart de 13 points par rapport à 2003, montrant là-aussi que cette idée a progressé dans la société française. Autre cause du chômage, pour 19 % des Français, « les cotisations sociales trop élevées pour les employeurs », un recul de 4 points par rapport à 2003.
Méthodologie : L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 507 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1 600 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 31 mars au 3 avril 2017.