Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Alice Bardo
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« Logique de chacun pour soi », voire même « de jungle », « idéologie d’individualisation sans valeurs »… Lors de la table ronde réunissant les partenaires sociaux dans le cadre du 42e Congrès de la Mutualité française, Pascal Pavageau, secrétaire général de Force ouvrière, a sans surprise appelé à plus de « solidarité » au sein du système de protection sociale. Une position partagée par Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui souligne la nécessité de le réformer.
Même Claude Tendil, vice-président du Medef, assure « partager ces valeurs » ainsi que « la vision de la CFDT d’une réforme systémique. » « 13 minima sociaux on ne comprend rien » a-t-il ajouté avant de souligner la « nécessaire lisibilité de nos dispositifs pour des droits virtuels deviennent réels ». « À un moment donné si on veut une vraie effectivité des droits, il faut de la prévisibilité », a renchéri Laurent Berger.
Au lendemain de la polémique engendrée par la courte vidéo mettant en scène Emmanuel Macron à l’Elysée, s’offusquant du « pognon de dingue » dépensé pour les minimas sociaux, Pascal Pavageau trouve qu’« en matière de provoc’ ça va un petit peu loin » et a tenu à rappeler que « les minima sociaux c’est notre fierté ». « Sans les aides sociales et les minima sociaux, le niveau de pauvreté passerait de 14% à 22% ! », a-t-il alerté. Et d’ajouter : « Plutôt que de parler de pognon, parlons contribution et cotisation. »
« Contribution et cotisations », mais pas pour les entreprises, tranche Claude Tendil. Pour le vice-président du Medef, « avant de redistribuer, il faut créer de la richesse (…) Ce n’est pas en alourdissant les charges des entreprises qu’on réduira le chômage ».
La veille, le chef de l’État avait également déclaré que « la solution n’est pas de dépenser toujours plus d’argent ». Les partenaires sociaux s’accordent pourtant à dire que l’enveloppe globale va inéluctablement augmenter du fait du vieillissement de la population et de la dépendance qui en résulte. « Sur la question de la santé je ne crois pas une minute que ça ira en stagnant ou en baissant » a assuré Laurent Berger, qui tempère : « Il y a des dépenses qu’il faudra continuer d’augmenter et d’autres qu’on peut baisser ». Côté Medef, on plaide plutôt pout une « optimisation » de l'enveloppe budgétaire, sans nécessairement l'augmenter.
Sur la méthode, les syndicats appellent à identifier les besoins avant de réformer : « Regardons d’abord les évolutions qui ont eu lieu ces dernières années et, après, adaptons le système », préconise Pascal Pavageau.
Syndicats comme patronat ont également insisté sur la nécessité que les droits soient « attachés à la personne et non plus au statut ». « Prendre en compte la spécificité dans un cadre collectif », précise Laurent Berger. Et mieux accompagner, aussi : « La solidarité de demain ne sera pas que financière mais aussi dans une forme d’accompagnement », prédit le secrétaire général de la CFDT.
Hier, le Président - « super chauffeur de salle » selon Pascal Pavageau - avait lui aussi insisté sur la nécessité d’ « accompagner vers le travail » tous les exclus qui le peuvent, mais également appelé à la « responsabilisation » des plus démunis. « Accompagner » et « responsabiliser », deux mots d’ordre repris par le vice-président du Medef ce jeudi, et dont l’un scandalise particulièrement le secrétaire général de FO : « C’est inadmissible de laisser à penser que celles et ceux qui sont en dessous du seuil de pauvreté ont une part de responsabilité. » La présentation du plan « pauvreté » du gouvernement est prévu pour juillet. La réforme des retraites, elle, sera présentée « au début de l’année 2019 ». Quant à la loi sur la dépendance, elle sera votée fin 2019.