Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Public Sénat
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Le colonel Frédéric Cleton a fait part à notre micro de son « émotion » après la cérémonie. « Je suis très sensible à l’hommage qui a été rendu par la nation » et « au discours qui a été tenu », nous a-t-il expliqué. « Le fait de le partager nous aide à passer ce cap et cette situation difficile à vivre pour beaucoup. »
Le militaire a été touché par un « hommage très particulier, qui sort de l’ordinaire » et par le « discours très attachant, très marquant sur les engagements des forces de sécurité ». Il a évoqué « une nation qui mérite qu’on s’engage pour elle ». « C’est sans regret qu’on le fait quotidiennement ».
Isabelle, une Parisienne présente sur l'esplanade des Invalides, a tenu à « rendre hommage au colonel Beltrame mais aussi à toutes nos armées » et a exprimé sa « reconnaissance pour leurs services à la patrie ».
Le président de la République a d’après elle trouvé les mots justes lors de son discours en rappelant « toutes les valeurs que portait dans son âme ce soldat de la paix qui a offert sa vie pour une jeune femme ».
Cette Parisienne espère que les mots du Président seront suivis d’effets : « J’espère que tout cela va servir, va aboutir à des actions peut-être plus fortes contre ce que le président de la République appelait l’islamisme rampant », témoigne-t-elle.
Au cours de l’éloge funèbre, le président de la République a cité tous les noms des personnes décédées au cours du vendredi 23 mars dans l’Aude. « Nous pensons à cet instant à ces blessés, à ces morts, nos morts et à leurs familles dans le recueillement », a-t-il débuté.
Il est ensuite revenu sur les évènements à l’intérieur du supermarché de Trèbes, et sur le sacrifice du lieutenant colonel, qui s’est substitué à une otage. « Cette vie comptait pour Arnaud Beltrame, elle comptait même plus que tout car elle était comme toute vie la source de sa vocation de servir […] Accepter de mourir pour que vivent des innocents, tel est le cœur de l’engagement du soldat ». Et d’ajouter : « Là était cette grandeur qui a sidéré la France ».
« Il a pris une décision qui n’était pas seulement celle du sacrifice mais celle d’abord de la fidélité à soi même, de la fidélité à ses valeurs, de la fidélité à ce tout ce avait toujours été et voulu être, à tout ce qui le tenait […] Un soldat aussi aguerri sentait sûrement qu’il avait rendez-vous avec la mort »
Selon le chef de l’État, « l’exemplarité était pour lui une vertu cardinale ». Ses collègues, blessés durant l’assaut, ont aussi reçu un hommage de la part du président de la République, de même que les soldats qui ont perdu la vie dans les théâtres d’opérations extérieures. « Tous ont droit à notre respect inconditionnel ».
« Son destin ne lui appartenait pas tout à fait. Il l’avait en partie liée avec quelque chose de plus élevé que lui-même car il était un engagé et il avait juré de faire corps avec quelque chose de plus grand et plus haut. Cet idéal, c’était le service de la France » a poursuivi le chef de l’État dans l’un des moments forts de son éloge.
« Nous tous, Français, avons tremblé d’un frisson singulier. L’un d’entre nous venait de se dresser, droit, lucide et brave » a poursuivi Emmanuel Macron évoquant ici « l’esprit français de résistance ». « Cette détermination inflexible face au nihilisme barbare convoqua aussitôt dans nos mémoires les hautes figures de Jean Moulin, de Pierre Brossolette, des martyrs du Vercors et des combattants du maquis. Soudain se levèrent obscurément dans l’esprit des Français, les ombres chevaleresques des cavaliers de Reims et de Patay, des héros anonymes de Verdun et des Justes, des compagnons de Jeanne et de ceux de Kieffer ».
Le Chef de l’État a également fait référence au meurtre à caractère antisémite de Mireille Knoll, « une femme innocente et vulnérable, assassinée parce qu’elle était juive ». « Non, ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daech, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c’est aussi cet islamisme souterrain qui progresse par les réseaux sociaux » (…) endoctrine par proximité et corromps au quotidien ».
« Nous l’emporterons grâce au calme et à la résilience des Français. Nous l’emporterons par la cohésion d’une nation rassemblée » a-t-il ponctué. Puis, le chef de l’État a révélé que jusqu’à samedi matin, il avait « au combien espéré » avant d’apprendre la mort d’Arnaud Beltrame comme « un coup au cœur ».
« Nourrir les vocations de toute notre jeunesse », c’est ce à quoi peut servir aussi « le sacrifice suprême » d’Arnaud Beltrame selon Emmanuel Macron à l’adresse d’une jeune génération « qui cherche sa voie et sa place ».
En conclusion, le président de la République a assuré qu’Arnaud Beltrame n’était pas mort en vain. « Sa mémoire vivra, son exemple demeurera. J’y veillerai » a-t-il assuré. Emmanuel Macron a enfin nommé Arnaud Beltrame au grade de colonel et a fait de lui à titre posthume commandeur de la légion d’honneur.
Présente au plus près des évènements vendredi, dans la cellule de crise, la sénatrice socialiste de l’Aude, Gisèle Jourda, est aujourd’hui dans le « recueillement le plus absolu » :
« Je pense au colonel qui a eu ce sens du sacrifice, au-delà des missions qui étaient les siennes, et qui a mis très à l’honneur le mot fraternité, mot de notre devise républicaine. »
« Nous devons être unis dans ce moment particulier », insiste l’élue du département où se sont déroulés les attentats. « C’est avec une grande peine au cœur que nous assisterons à l’hommage. »
Les larmes aux yeux, la voix cassée, l’ancien ministre de la Défense et sénateur LR, Gérard Longuet a rendu un hommage personnel à Arnaud Beltrame. « J’espère profondément que le sacrifice de ce militaire nous rappelle à ce que nous sommes : un très grand pays qui a beaucoup de dignité, qui a ses faiblesses mais c’est la grandeur qui compte » (…) « Je suis fier que l’armée de mon pays nous propose encore des hommes et des femmes de cette qualité humaine. C’est une leçon de confiance ».
L’élu du Haut-Rhin ajoute que la France doit trouver « toutes les réponses à une menace qui évolue sur notre territoire », y compris des « réponses nouvelles ».
Quelques minutes avant de se rendre à l’hommage national au colonel Arnaud Beltrame, le sénateur PS, Yves Daudigny a livré ses premières impressions. « Nous rendons hommage mais dans le même temps nous voulons réaffirmer les valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité ». En ce qui concerne les prises de position de ces derniers jours concernant l’efficacité de la lutte antiterroriste, Yves Daudigny estime « que polémiquer dans ces circonstances est très mal venu »