Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Public Sénat
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Serait-ce un nouveau casus belli au Sénat, déjà très remonté contre le contenu de la réforme institutionnelle ? Invité de Parlement Hebdo ce vendredi, le sénateur LR de la Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier tire à boulets rouges sur l’idée suggérée par Richard Ferrand, le président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale. Le député du Finistère a estimé la veille qu’un « scrutin totalement proportionnel à l’échelle des régions » au Sénat pouvait être une « hypothèse de travail intéressante ».
« Cette proposition est un scandale absolu », vitupère le premier vice-président du Sénat. Non seulement, cette piste est une « ânerie », selon lui, car la fin du département comme circonscription « éloignerait encore plus les élus du terrain ». Mais Philippe Dallier y voit surtout la forme d’un « chantage ». « On a le président du groupe majoritaire à l’Assemblée qui dit que si vous n’adoptez pas ce qui est sur la table [sur la réforme constitutionnelle, NDLR], en plus on changera le mode d’élection des sénateurs », dénonce-t-il.
Si Richard Ferrand s’est contenté d’indiquer sur Cnews qu’il fallait « veiller à ce que les territoires et les sensibilités soient le plus largement représentés », ce n’est pas en revanche pas le cas de son homologue au Sénat, que nous avons interrogé hier. Le sénateur François Patriat avait répondu qu’une telle idée serait un « scénario possible si vraiment il y a un désaccord total entre les deux assemblées », sur le projet de loi constitutionnelle.
La sortie de Richard Ferrand pourrait semer un peu plus le trouble à la Haute assemblée, après la petite phrase prononcée par Édouard Philippe début avril. « On peut aussi se poser la question de savoir comment on élit les sénateurs », avait alors lâché le Premier ministre.
Depuis que le gouvernement a transmis sa copie sur la révision constitutionnelle au Conseil d’État, la question de la représentation des territoires au Sénat a été éclipsée par les inquiétudes sur les dispositions controversées touchant au fonctionnement du Parlement. « Le gouvernement souhaiterait affaiblir notre pouvoir en matière d’écriture de la loi et nous cantonner dans le contrôle. Ça, c’est inacceptable, je pense que la bataille va être rude », prévient Philippe Dallier.
L’élu de Seine-Saint-Denis veut « tenter de convaincre l’opinion publique » sur les risques de cette réforme. « La messe n’est pas dite », estime-t-il.