Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Public Sénat
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La ministre de la Justice Nicole Belloubet a été accusée mercredi de vouloir légitimer le délit de blasphème en déclarant que l'insulte contre une religion constituait "une atteinte à la liberté de conscience".
La garde des Sceaux s'exprimait sur Europe 1 sur l'affaire Mila, du nom de cette adolescente de l'Isère qui a dû être déscolarisée après avoir été menacée de mort sur les réseaux sociaux en raison de propos hostiles à l'islam.
"Dans une démocratie, la menace de mort est inacceptable (...). L'insulte à la religion c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c'est grave, mais ça n'a pas à voir avec la menace (de mort, ndlr)", a déclaré la ministre.
Des responsables politiques de droite comme de gauche ont aussitôt critiqué la ministre.
"Qu'est-ce qui a pu se passer dans notre pays pour qu'une ministre de la République puisse dire que +l'insulte à l'encontre d'une religion est une atteinte grave à la liberté de conscience+!? On s’apprête à rétablir un très peu laïque +droit au blasphème+??", s'est indigné le député européen PS Emmanuel Maurel.
Laurence Rossignol, ex-ministre socialiste et sénatrice de l'Oise, a elle décerné un "0/20 en droit constit" à Mme Belloubet, ancienne membre du Conseil constitutionnel. "En France, il est interdit d'insulter les adeptes d'une religion mais on peut insulter une religion, ses figures, ses symboles", a-t-elle tweeté.
Pointant du doigt la garde des Sceaux, la présidente du RN Marine Le Pen s'est, elle, interrogée: "Peut-on compter sur le gouvernement d'Emmanuel Macron pour défendre nos valeurs et nos libertés ? Clairement, la réponse est NON ! Et c'est cela qui est grave".
"Nicole Belloubet invente le délit de blasphème (...) Scandaleux ! Ce gouvernement a lâché la liberté française de l'esprit +Charlie+ pour la soumission à la terreur islamiste !", a déclaré le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan.
Face à la polémique, la ministre a tenu à préciser ses propos en reconnaissant auprès de l'AFP une expression "maladroite" et en assurant ne pas remettre en cause "le droit de critiquer la religion".
"Les insultes et les discriminations à raison de l'appartenance religieuse sont des infractions. C'est ça que j'ai voulu dire", a déclaré Mme Belloubet, dénonçant une polémique "ridicule". "Je n'ai absolument pas justifié le délit de blasphème", a-t-elle affirmé.
Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes en lien avec l'affaire Mila: l'une vise les menaces de mort, l'autre a pour objet de déterminer si les propos de l'adolescente relèvent de la "provocation à la haine raciale".