Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
Le
Par Alice Bardo
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Mercredi, le gouvernement a bloqué le vote du Sénat sur la proposition de loi communiste pour revaloriser les retraites agricoles, en ayant recours à l’article 44.3 de la Constitution. « Trop c’est trop » avertit Roger Karoutchi, pour qui « le Sénat comme l’Assemblée peuvent avoir le sentiment que l’exécutif n’a pas beaucoup de considération pour le Parlement ».
« Sous couvert de réformer les pouvoirs, on veut en réalité neutraliser le Parlement », s’inquiète-t-il également à l’évocation de la réforme constitutionnelle initiée par le gouvernement.
« Inquiet », il a formulé plusieurs lignes rouges à la révision de la Constitution, à commencer par la restriction du droit d’amendement. « Le droit d’amendement est un droit individuel » tient à rappeler le sénateur LR des Hauts-de-Seine alors que « le gouvernement actuel veut en faire un droit collectif de groupe ». Selon lui, « c’est une aberration et ce n’est pas constitutionnel ». Il rappelle que lors de la révision constitutionnelle de 2008, l’exécutif avait souhaité un « simple encadrement » de ce droit mais le Conseil constitutionnel avait dit que « ce n’était pas acceptable » : « Comment est-ce que le Conseil constitutionnel pourrait accepter que les parlementaires perdent leur droit individuel d’amendement ? » renchérit l’ancien secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement.
Au-delà, Roger Karoutchi a tenu a rappelé qu’« il y a quinze jours, personne n’évoquait le droit d’amendement ». « Chaque semaine on nous apporte des éléments nouveaux (…) Ce que l’on veut mettre à l’intérieur de cette réforme a beaucoup changé en quatre mois » fustige-t-il.
Outre la restriction du droit d’amendement, le sénateur dit ne pas comprendre l’inscription de la Corse dans la Constitution. Quant à la réduction du nombre de parlementaires, il est « prêt à en discuter » : « Si le Président veut aller à 400 députés, ça me casse les pieds mais on peut regarder. »
L’introduction d’une dose de proportionnelle le crispe un peu plus : « La proportionnelle ce n’est pas franchement notre tasse de thé. » Pour lui, les « 15, 20 voire 25% » souhaités par le gouvernement reviennent à « casser le système politique ».
Concernant la limitation des mandats dans le temps, il met en garde : « Respectons le droit des électeurs de choisir, c’est le minimum dans un pays démocratique. Et respectons les droits du Parlement ! »
Sur la méthode employée pour faire passer cette réforme, Roger Karoutchi « déconseille au Président de recourir au référendum ». Il rappelle que lorsque Matteo Renzi y a eu recours, « l’échec du référendum a marqué le début de la fin » de l’ancien président du Conseil. Et de conclure : « On ne se lance pas dans un référendum institutionnel sans ceintures ni bretelles. Là il n’y a pas de bretelles et la ceinture n’est pas bouclée. »