Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
Le
Par Pierre Maurer
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Ils ne sont pas d’accord sur tout mais le dialogue « se passe », et doit s’installer jusqu’au mois de « juin » pour « se préparer » à la sortie de crise. Le numéro un de la CFDT, invité ce mardi de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous », n’a pas fait mystère des points d’achoppements qui l’oppose au Premier ministre.
Comme sur l’assurance chômage par exemple. « La CFDT va attendre d’avoir le décret et va voir s’il y a de quoi attaquer au Conseil d’Etat. Nous ne nous contenterons pas de ça : nous avons décidé avec les associations d’incarner ce qu’il va se passer au 1 er juillet. Les travailleurs les plus précaires auront une baisse de 20 à 40 % d’indemnités », a-t-il alerté. En clair, le syndicat entend lancer une sorte de campagne de communication pour mettre en lumière les témoignages de certains de ces salariés. « Le taux de réaction des gens à cette réforme est trop faible », s’est-il inquiété, conscient que le gouvernement en profite pour la faire passer. Pourtant, à l’écouter, cette réforme est profondément « injuste », « incohérente », « une décision scandaleuse ».
Autre point de friction : les moyens de sortie de crise. Si Jean Castex a annoncé une prime de 1000 euros, la CFDT aimerait une reconnaissance des travailleurs « sur la durée ». « Cette prime ne peut pas être un solde de tout compte », a objecté Laurent Berger. Le syndicaliste aimerait par exemple qu’elle s’impose de façon plus contraignante aux entreprises. « Il y a eu une opposition assez frontale du Medef en disant que cette prime est une ingérence. On sent une opposition patronale. Mais le ballon est au bon endroit », a-t-il estimé. Par ailleurs, Laurent Berger n’a pas manqué de tirer le signal d’alarme sur la pratique du télétravail, qui doit, selon lui, être mieux encadrée. « En sortie de crise, je crois que le télétravail va s’installer. On constate une intensification du travail, une faiblesse des pauses. Néanmoins, il faudra des limites à cette pratique pour éviter l’isolement », a-t-il souligné.
Laurent Berger serait lui très favorable à une taxe exceptionnelle sur les hauts revenus. « Pour accompagner la sortie de crise, il faut que tous ceux qui ont bénéficié de cette période - comme les très hauts revenus - contribuent », a-t-il argué. Ce besoin résulte de la nécessité, selon lui, de réinstaller une « société du commun ». « Je pense qu’il faut avoir une logique de solidarité », insiste-t-il, et propose de lancer un appel à soutenir les associations. « Attention à ce que le sentiment d’une sécession des plus aisés ne s’ancre pas dans la population, et ils n’ont pas tout à fait tort, les gens. Le risque c’est le RN. Nos libertés collectives et individuelles en souffriraient », a-t-il prévenu. Le Premier ministre n’a pas répondu sur la question d’une telle taxe.
Véritable serpent de mer du quinquennat, la réforme des retraites, qui avait suscité un vif mouvement de contestations, demeure en suspens. Systémique ? Paramétrique ? Sera-t-elle mise en œuvre avant la fin du quinquennat ? « Cette petite musique, si ça veut dire que des ministres considèrent qu’on peut faire une réforme paramétrique, c’est-à-dire repousser l’âge de la retraite, je leur dis : vous êtes dingues ! On est dans un pays tendu et ce n’est pas juste », a tonné Laurent Berger. Et de marteler : « Ce serait injuste pour tous les travailleurs de la seconde ligne ! C’est totalement irresponsable ! »