Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
Le
Par Marion D'Hondt
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Philippe Dallier, sénateur LR de la Seine-Saint-Denis, regarde l’action du gouvernement comme « de très petits pas qui ne suffisent pas à calmer l’inquiétude ». Certes, il « envoie des messages sympathiques aux élus » mais cela ne suffit pas. Emmanuel Macron « a tort » de ne pas se rendre au congrès des maires car il rompt sa promesse. Cette visite lui aurait permis de « sentir l’ambiance » car seul le « dialogue direct » permet de mesurer la réalité du terrain. Philippe Dallier a constaté qu’il est « difficile de composer des listes » pour les municipales et de « trouver des gens qui ont envie de consacrer du temps à la collectivité ». Cela est dû à la difficulté de la tâche et aux exigences croissantes des concitoyens. Il estime que « les maires sont noyés dans des réunions sans fin » avec les intercommunalités et les services de l’Etat. Il a l’impression d’une « perte de pouvoir des maires ». En 22 ans à la tête des Pavillons-sous-Bois, il a constaté un changement « du tout au tout ». En effet, à son arrivée en 1995, il avait « le sentiment et la réalité du pouvoir entre les mains », tandis qu’entre-temps « c’est devenu infernal ». Pour lui, il faut « donner de la visibilité » aux maires, par exemple sur la taxe d’habitation. « L’avenir d’une commune se construit sur le long terme », estime-t-il. L’activité du maire consiste principalement à « gérer la pénurie » et à « écouter les concitoyens mécontents », ce qui est générateur d’un « ras-le-bol général » chez les élus.
Les édiles ressentent une lassitude face aux attentes de plus en plus élevées des citoyens. Ils sont 49% à vouloir « abandonner tout mandat électif » dans la perspective de 2020. Les raisons de l’abandon sont diverses. 71% des maires souhaitent privilégier leur vie personnelle et familiale. La moitié d’entre eux considère avoir accompli son devoir civique. Viennent ensuite les difficultés croissantes à satisfaire les demandes des administrés et le manque de moyens financiers.
Les maires s’inquiètent de la réduction de leur marge de manœuvre. Ils ont un sentiment de « dépossession » politique et administrative. Ils ont l’impression d’être de simples agents de mise en œuvre de la politique nationale. Ils souffrent aussi des différentes réformes de recentralisation. Les édiles doivent pallier les baisses des transferts financiers de l’État, soit en reportant les investissements, soit en impactant les services publics.