Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Béatrix Moreau
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1953, J. Edgar Hoover, à la tête du FBI depuis 29 ans, s’impose une nouvelle fois comme le fer de lance de la lutte anticommuniste aux États-Unis. Devant les membres du Comité d’enquête, il accuse l’ancien président Harry Truman d’avoir favorisé le haut fonctionnaire Harry Dexter White alors qu’il avait été mis au courant de ses convictions communistes. C’est la première fois qu’un ancien président est dénoncé ainsi publiquement.
« Hoover était quelqu’un d’extrêmement radical dans son anticommunisme et en faisait une utilisation très politique », explique l’historien Pierre Gervais, « la mise en cause du président Truman était en fait celle des Démocrates ». L’affaire reste sans suite.
Richard Nixon, lui, ne s’est pas relevé de l’affaire du Watergate. Réélu en 1972, le président républicain est soupçonné d’avoir espionné l’immeuble du parti Démocrate pendant la campagne. « On a montré qu’il y avait eu des cambriolages et des écoutes qui pouvaient être compromettantes pour Nixon » rappelle l’historien Denis Lacorne « mais ce qui a vraiment choqué c’était le cover-up, la tentative de couvrir l’affaire ». Lorsque celle-ci prend une tournure judiciaire, Richard Nixon, se sentant menacée de destitution, préfère démissionner en 1974.
Cet épisode marque une victoire pour la liberté de la presse et pour les journalistes d’investigation. Deux d’entre eux, Bob Woodward et Carl Bernstein, s’illustrent particulièrement par leurs enquêtes publiées dans Washington Post, aidés par une mystérieuse source surnommée « Gorge Profonde ». Ce précieux informateur n’est d’autre que Mark Felt, n°2 du FBI, dont l’identité n’est révélée qu’en 2005. « Le FBI n’est pas une organisation monolithique, vous avez des gens de convictions politiques diverses » analyse Pierre Gervais « Mark Felt était probablement un républicain traditionnel estimant que les activités de police parallèles de Nixon mettaient en danger la démocratie américaine ».
Une histoire d’adultère peut-elle conduire à renverser le gouvernement ? C’est en tout cas ce qu’espéraient les détracteurs de Bill Clinton lorsqu’éclate l’affaire Lewinsky. Un prétexte pour l’historien Pierre Gervais « l’opération contre Clinton a été financée par les milieux d’extrême droite américains, après de multiples tentatives pour destituer le président démocrate, c’est finalement un mensonge maladroit dans une procédure civile de harcèlement sexuel (NDLR : sur une jeune stagiaire de la Maison Blanche) qui a servi de prétexte ». En effet, « si vous mentez devant un grand jury, cela constitue un délit d’entrave à la justice » abonde Denis Lacorne. Plus que son adultère c’est donc ce parjure qui lui a été reproché, selon « la vieille notion américaine jugeant que personne, pas même le Président, n’est au-dessus des lois » ajoute l’historien. La procédure d’impeachment est ainsi engagée contre Bill Clinton, un scénario inédit depuis celle menée contre le Président Andrew Johnson, en 1868, mais disposant de la majorité au Sénat, le président n’est finalement pas destitué.
La procédure de destitution n’a pour l’instant jamais abouti aux États-Unis. Celle, peu probable de Donald Trump constituerait donc une première dans l’Histoire américaine.