Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Thomas Leroy (images : Sandra Cerqueira)
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C’est un coup de gueule qui résume bien la situation à gauche. Lors d’une réunion publique face à des représentants d'associations citoyennes, Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a remis les pendules à l’heure, face à l’éternel débat sur une candidature unique à gauche. « J'ai de la mémoire », lâche-t-il avec colère. « Je ne veux pas me faire donner la leçon par toutes ces forces politiques qui ont participé à ce désastre ». Sous entendu, le dernier quinquennat. Un peu plus tard, Jean-Luc Mélenchon tenait un discours similaire, en meeting au Havre : « J'ai marché mon chemin, sans ne céder à rien, je ne vais pas commencer aujourd'hui! A faire le contraire ou à m'engager dans je ne sais quel arrangement qu'on me suggère de faire. »
Car entre la France insoumise et le Parti socialiste, la rupture semble définitivement consommée, malgré une nouvelle main tendue de Benoît Hamon pour le rejoindre. « Ce n’est pas une main tendue. Benoît Hamon propose qu’on le rejoigne sur un navire bien mal en point qui est celui du parti socialiste » raille Eric Coquerel, Coordinateur politique du parti de gauche. « Au PS, Il y a beaucoup de gens avec qui nous n’avons rien à faire. Le parti socialiste, c’est lui le problème. »
Il faut dire que Jean-Luc Mélenchon est désormais en position de force. Un débat réussi a lancé sa campagne et le met désormais devant son « rival » socialiste dans tous les sondages. « Nous pouvons rattraper François Fillon » assure Eric Coquerel. Symboliquement, ce serait une victoire mais une troisième place ne fait pas un président de la République. D’autant plus que Jean-Luc Mélenchon suit le même parcours qu’en 2012. « On avait observé le même pic et le résultat s’est finalement avéré un peu décevant » note le sénateur communiste Eric Bocquet.
Entre la France insoumise et le Parti socialiste, les communistes, tiraillés, jouent les casques bleus. Le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent a ainsi proposé une nouvelle rencontre qui n’aura finalement pas lieu. « Nous avons essayé, pendant plus d’un an, de créer les conditions d’un rassemblement des forces de gauche, opposées aux politiques d’austérité » souligne ainsi la sénatrice Eliane Assassi, au micro de Public Sénat.
Sans réussite. Les deux parties se tournent le dos. « Faire du rabibochage de façade, ça ne tient pas la route » admet Eric Bocquet. « Mais ce que je regrette, c’est le refus systématique de parler. » Il faut dire que les tensions sont palpables entre la gauche socialiste et celle qui s’est émancipée du parti, en 2005, après le référendum sur l’Europe qui a divisé le PS. « Les gens ont un passé, une histoire, ça laisse des traces » rappelle le sénateur, évoquant « beaucoup de rancœurs, de déceptions. » Malgré des idées convergentes, les deux gauches semblent irréconciliables.
Alors, fort de sa dynamique, Jean-Luc Mélenchon peut toujours tenter de convaincre Benoît Hamon de le rejoindre dans la dernière ligne droite. « Je ne vois pas ce qu’il a à perdre » poursuit Eric Bocquet. « Mais ce n’est pas non plus l’humiliation qu’il faut demander. » La frontière est mince car cela signifierait que le candidat socialiste soit officiellement crédité de 0% au terme du premier tour.
Si l’alliance est compromise pour l’élection présidentielle, peut-elle avoir lieu pour les législatives ? « Pourquoi pas » relance Eric Bocquet qui ne se fait pas, pour autant, de grandes illusions. Et de citer l’ancien député communiste Etienne Fajon : « L’union est un combat. »