Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Public Sénat
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« Je ne suis pas venu vous présenter un plan banlieue, parce que cette stratégie est aussi âgée que moi ». Le 22 mai dernier à l’Élysée, Emmanuel Macron douchait les espoirs de nombreux élus, associations et habitants de quartiers dits difficiles. Pas de reprise du « plan Borloo », ce jour-là, mais des mesures sur la sécurité, l’emploi, ou encore l’éducation, égrenées pendant un 1h30 par le chef de l’État (voir notre article).
En choisissant de se déplacer ce lundi à Evry-Courcouronnes, dans l’Essonne, le chef de l’État souhaite « que les quartiers se saisissent aussi du grand débat, pour en être des acteurs à part entière » indique l’Élysée.
Il semblerait, en effet, que les quartiers soient les grands oubliés du débat national. Il y aurait moins de contributions qu’ailleurs. Et pourtant, pour la sénatrice du Bas-Rhin, vice-présidente d’Agir, Fabienne Keller estime que « les attentes sont très proches » entre les gilets jaunes et les habitants des banlieues : « questions de pouvoirs d’achat, difficultés à vivre au quotidien, dépendance au prix de l’essence » liste-t-elle.
Interrogé par publicsenat.fr lors des Assises de la citoyenneté à Rennes, le Fondateur de l'Agence pour l'Éducation par le Sport, Jean-Philippe Acensi expliquait que, pour lui, « le grand débat » avait déjà eu lieu « dans l’ensemble des banlieues ». Une référence à l’appel de Grigny lancé en octobre 2017 par plusieurs dizaines d’élus et de responsables associatifs inquiets de voir la réduction du nombre de contrats aidés et la baisse des APL.
« Mais, il faut le dire, on a été frustré de ce qui s’est passé le 22 mai dernier (lors de la remise du plan Banlieues de Jean-Louis Borloo), de la réponse du président de la République (…) Il faut aller plus loin sur des thèmes qui nous tiennent à cœur, comme l’insertion des jeunes, l’échec scolaire, les femmes isolées… » souligne-t-il.
Le maire (DVD) d’Evry-Courcouronnes, Stéphane Baudet garde d'ailleurs un optimisme modéré quant à l’issue du grand débat national. « Je suis maire depuis 18 ans. J’ai vu passer quatre présidents de la République. Et qu’il s’agisse de l’Élysée, de Matignon ou de Bercy, les quartiers populaires, ça n’a jamais été intéressant (…). C’est seulement 6 millions d’habitants parmi ceux qui votent le moins (…) C’est souvent de grandes annonces et c’est rarement suivi des faits (…) Donc, espérons que le grand débat et les décisions qui seront prises nous permettront de revenir au cœur du sujet ».
Au début du quinquennat, la politique de la Ville ne fait pas l’objet d’un ministère à part entière mais tombe dans l’escarcelle du ministère de la Cohésion des territoires. Depuis, c’est Julien de Normandie qui en a la charge. « On ne peut pas dire qu’il crève l’écran sur ce sujet-là. On voit que logement qui le préoccupe » observe son prédécesseur, l’ancien ministre de la Ville et actuel patron du groupe PS au Sénat, Patrick Kanner.
« Sur le fond, je suis heureux que le Président se déplace lui-même dans les quartiers prioritaires. Mais beaucoup d’annonces ont été faites et je n’ai pas l’impression que le sentiment de relégation se soit atténué. Par exemple, où en est le dispositif de quartiers de reconquête républicaine ? » s’interroge Patrick Kanner.
Sénateur LR de l’Essonne, Jean-Raymond Hugonet « n’attend pas grand-chose » de ce déplacement présidentiel dans son département. « Il y a déjà énormément de choses qui sont sorties au moment du plan Borloo. Si c’est pour faire un concours Lépine de mesures, et après les jeter à la poubelle, je ne vois pas l’intérêt. Il est temps de passer à l’action » s’impatiente-il