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Par F.V. (interview vidéo : Quentin Calmet et Jonathan Dupriez)
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Le jour d’après. Au lendemain de la décision du bureau du Sénat de transmettre à la justice les cas de trois proches collaborateurs d’Emmanuel Macron, suite à la commission d’enquête sur l’affaire Benalla, Gérard Larcher sembler vouloir faire redescendre le niveau de tension.
Jeudi, l’exécutif et la majorité présidentielle ont attaqué avec force la Haute assemblée après sa décision. Une crise politique qui s’est notamment exprimée par l’annulation, par Richard Ferrand, président LREM de l’Assemblée nationale, de son déplacement prévu ce vendredi, à Sciences Po Lille, avec son homologue LR du Sénat. Le député a employé des mots forts, regrettant l’utilisation « des fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiques », ce qui revient à « abaisser » le Parlement. Dans Le Figaro, il a ensuite dénoncé « une attaque d'une agressivité inédite ».
Le président du Sénat n’a pas cherché à répondre à ces attaques. Et Gérard Larcher a malgré tout maintenu son déplacement. « J’avais proposé à Richard Ferrand, qui l’avait accepté, qu’on puisse le faire ensemble, (…) que nous puissions ensemble parler de la démocratie représentative » raconte cet après-midi à Public Sénat le président de la Haute assemblée, dans le TGV qui le mène à Lille, sans Richard Ferrand.
« L’actualité, avec ses crispations – mais c’est la démocratie – en a décidé ainsi. Je ne doute pas qu’on se retrouvera dans d’autres débats ensemble » tempère le deuxième personnage de l’Etat.
Le sénateur des Yvelines compte bien parler devant les étudiants de la démocratie, qu’elle soit « représentative », « participative » ou « directe ». « Cette semaine, nous avons beaucoup avancé autour du droit de pétition et nous avons beaucoup affiné nos réflexions sur l’évolution du référendum, notamment du référendum d’initiative partagée, pour que les citoyens, sans mettre des seuils impossibles à atteindre, puissent en lien avec un nombre de parlementaires, là aussi à des seuils pas très difficiles à atteindre, interpeller et proposer ». Le Sénat pourrait proposer de baisser le seuil nécessaire autour de 2 millions de signatures (lire notre article sur le sujet).
Malgré la tension des dernières heures, Gérard Larcher envoie ce message : il ne dévie pas et ne veut pas couper les ponts, alors qu’il devra discuter de la réforme des institutions avec le chef de l’Etat. « Le propre des crispations, c’est d’être en capacité de tenir son cap. C’est comme en marine. Quand il y a un peu plus de vent, on adapte » explique cet amateur de voile. Il ajoute : « Mais je crois qu’on a une mission. Les crispations c’est une chose. Sortir de la crise dans laquelle est notre pays nécessite qu’on soit en capacité, dans le respect de nos différences, de nos missions, d’essayer de tracer à un moment un cap ensemble ». Le vent tourne vite d’un jour à l’autre.
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