Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
Le
Par Alice Bardo
Temps de lecture :
3 min
Publié le
Mis à jour le
« Trump a fait ce que tout le monde avait envie de faire », estime Nathalie Goulet, vice-présidente (UDI) de la commission des affaires étrangères. La décision de Donald Trump est un revirement total dans la diplomatie américaine à l’égard de la crise syrienne. Pendant sa présidence, Barack Obama s’en était tenu à une position diplomatique après l’attaque chimique près de Damas, pendant l’été 2013, qui avait fait plus d’un millier de morts.
Seulement cette nuit, le nouveau président américain a agi seul, sans consulter le Congrès et hors du cadre de l’Organisation des Nations-Unies (ONU). De quoi inquiéter Hélène Conway-Mouret, sénatrice (PS) représentant les Français établis hors de la France, elle aussi membre de la commission des affaires étrangères : « Le problème c’est que si Trump s’entête à agir de façon unilatérale, la Russie risque de s’impliquer dans le camp adverse. » L’ancienne ministre craint notamment « une escalade entre deux présidents aussi imprévisibles l’un que l’autre ». Michelle Demessine, vice-présidente (PCF) de la commission des affaires étrangères du Sénat, redoute elle aussi une « escalade militaire » et voit dans la décision de Donald Trump « une forme d'inconscience ».
Certains commencent d’ailleurs à évoquer la possibilité d’une « guerre froide », près de vingt-cinq ans après l’effondrement du bloc soviétique. Hélène Conway-Mouret parle, elle, d’une « guerre mondiale ». « Il suffirait d’une étincelle pour que le feu se propage ». « Le coup d’après peut fragiliser la région ou fragiliser Bachar », considère quant à elle Nathalie Goulet. Pour autant, la vice-présidente de la commission des affaires étrangères est « soulagée que quelque chose se passe enfin et qu’on arrête les menaces ». « Il faut arrêter d’aboyer, il y a un moment où il faut mordre », conclut-elle.
Jean-Pierre Masseret, sénateur de la Moselle, admet qu’ « il fallait réagir » après l’attaque chimique de mardi dernier, qu’il qualifie de « crime contre l’humanité ». Mais pour lui, « l’intervention militaire est quelque chose d’ultime ». Il appelle à un « accord diplomatique » et à « chercher en même temps la solution politique qui, à terme, devrait mettre hors de course le président Assad ». Le plus important reste que cela se fasse « dans le cadre de l’ONU ». Michelle Demesssine partage son avis et rappelle le « rôle incoutournable des Nations-Unies ». François Hollande préfère également cette solution, mais « si c’est possible ».
Finalement, tous sont partagés entre la nécessité de réagir et les conséquences d’une telle intervention. « Je ne sais si c’était la bonne réaction au bon moment. Mais l’émotionnel a pris le pas », confie Nathalie Goulet.