Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Pierre de Boissieu
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Le ministre de l’Action et des Comptes publics doit rencontrer neuf organisations syndicales de fonctionnaires, jusqu'à lundi prochain. Ce mardi, il a reçu, à l’Hôtel de Cassini, rue de Babylone à Paris, les membres de la CGT, le premier syndicat représentatif chez les fonctionnaires, de la CFDT, le deuxième syndicat, de FO, le troisième.
Interrogé ce matin sur RTL à propos du nouveau nom de son ministère qui regroupe les fonctions des anciens ministères du Budget et de la Fonction publique, Gérald Darmanin a indiqué que cette fusion permettrait « d’être au rendez-vous de la simplification et des nouvelles technologies. »
Le ministre a précisé que l’objectif d’une réduction de 120 000 postes de fonctionnaires allait être respecté. Il s’est par ailleurs voulu rassurant, expliquant que son gouvernement adopterait une approche « non-comptable. » Il a en effet assuré « qu’on ne supprime pas des fonctionnaires mais des postes de fonctionnaires. »
Cette affirmation répondait à la critique adressée par Annick Girardin, l'ancienne ministre de la Fonction publique de François Hollande, devenue la ministre des Outre-mer d’Emmanuel Macron, le 20 mai dernier sur France Info. Elle y a expliqué que la réforme de la fonction publique « n'est pas une question de nombre. » « Nous avons à revoir nos services publics. Et surtout nous avons à faire en sorte que les services publics soient bien là où ils sont attendus dans les milieux les plus isolés », avait-elle affirmé.
À l’issue de la première prise de contact, Jean-Marc Canon, le représentant de la CGT fonction publique, a indiqué « qu’il s’agissait d’un premier échange », tout en regrettant l’abandon du terme fonction publique dans le nom du ministère. La suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sera considérée comme un « un point de rupture » pour le syndicat qu’il représente. « Les grandes orientations, nous les contestons, et ce matin nous n'avons pas eu d'éléments qui précisent les choses » a déclaré Jean-Marc Canon.
« La question du pouvoir d’achat, la valeur du point, les effectifs, la retraite, le jour de carence ont été abordés dans l’entrevue avec le ministre », a expliqué ce dernier. Le fait de scinder la valeur du point d'indice des fonctionnaires qui sert à calculer la rémunération dans la fonction publique inquiète également la CGT, a souligné Jean-Marc Canon. Le ministre a par ailleurs confirmé qu'il n'y aurait « pas de hausse de la valeur de ce point d'indice » sous le quinquennat.
Mylène Jacquot, la secrétaire générale de la CFDT fonction publique, a indiqué que, pour le syndicat qu’elle représente, toute « modernisation » de la fonction publique devait d’abord passer par une réflexion sur les missions. Interrogée sur le bilan à tirer de cette première rencontre, Mylène Jacquot a déclaré avoir « dit [nos] attentes en matière de carrières et de rémunérations », espérant que le gouvernement « puisse annoncer assez rapidement la tenue d’un rendez-vous salarial dès 2017 » et annoncer « un agenda social. » « On jugera aux actes » a-t-elle précisé. La responsable syndicale a cependant salué un ministre « plutôt à l'écoute » - un pronostic partagé par le représentant de FO - qui dit « vouloir réfléchir à la question des missions et de la modernisation. »
« Nous n'irons pas autour d'une table pour discuter de comment on supprime 120 000 fonctionnaires » a cependant affirmé Mylène Jacquot, ajoutant que « s'adapter aux attentes des usagers avec des services publics plus accessibles partout, grâce au numérique notamment, nécessite des accompagnements pour les agents. »
Christian Grolier, le secrétaire général de FO fonction publique, a expliqué que le programme était « une mauvaise nouvelle », la réduction du nombre de postes de fonctionnaires étant, pour lui, « une logique comptable contre laquelle FO s’est battue pendant dix ans, sous les quinquennats de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande. » « Le postulat de départ de la réduction de 120 000 postes de fonctionnaires ne nous plaît pas » a déploré Christian Grolier.
De même, au sujet du jour de carence des fonctionnaires, le secrétaire général de FO fonction publique a regretté que le rétablissement de ce jour de carence soit à l’agenda du ministre. Ce système, mis en place pour les fonctionnaires par Nicolas Sarkozy en 2011, consiste à supprimer la paie le premier jour d'absence pour maladie. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'était dit favorable à cette mesure, de même que François Fillon et Marine Le Pen, contrairement à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon.
La méthode employée par le ministre semble cependant satisfaire FO, à travers la voix de Christian Grolier, et notamment la volonté manifeste de Gérald Darmanin de « trouver un compromis. » Christian Grelier a salué le choix de ce dernier de procéder par réunions bilatérales plutôt que par « grands-messes avec tous les syndicats, comme sous le quinquennat de François Hollande. »