Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Alice Bardo
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En tant que magistrat pénaliste, Philippe Courroye estime que les mesures prévues dans la réforme de la justice concernant l’exécution des peines vont « dans le bon sens », l’objectif étant de faire en sorte qu’une peine de prison inférieure à six mois soit mise à exécution immédiatement après qu’elle a été prononcée.
L’avocat général auprès de la Cour d’appel de Paris est « plus réservé » sur l’expérimentation d’un tribunal criminel à la place des assises souhaitée par le gouvernement pour les crimes punis jusqu’à vingt ans de prison. Ceux-ci seront jugés par des magistrats et non plus par des jurés, mettant ainsi à mal, de l’avis de Philippe Courroye, « la rencontre entre les citoyens et la justice ». « Les jurés sortent transformés d’une affaire », explique-t-il.
Si le magistrat n’est pas certain que la réforme permette de « raccourcir les délais de procédures et d’amoindrir les coûts de la justice », il regrette toutefois les journées « justice morte » organisées par les principaux syndicats de magistrats et certains greffiers et avocats : « On est dans un pays où, dès qu’on propose une réforme, on se mobilise. Il y a un tropisme vers le conformisme qui n’est pas forcément une bonne chose. »
Quelques jours après la publication de son livre « Reste la justice… », Philippe Courroye est également revenu sur certaines affaires qui ont marqué l’actualité des dernières années. Avec cet ouvrage, il a souhaité « rétablir un certain nombre de vérités par rapport à des mensonges, des contre-vérités ». L’affaire Bettencourt, dont il a diligenté les poursuites, en a été un exemple : « On a dit que le parquet de Nanterre avait mis la poussière sous le tapis, ce qui est un énorme mensonge (…) On a transformé cette affaire en machine de guerre politique (…) C’était une entreprise de démolition. » Le magistrat avait été accusé d’une certaine proximité avec Nicolas Sarkozy : « J’ai été associé à lui, dès mon arrivée en 2007. Cela part d’un journaliste du Monde qui m’a demandé si je connaissais le président du Conseil général des Hauts-de-Seine, candidat à la présidentielle. J’ai dit la vérité : oui je le connais. À partir de ce moment-là, je suis devenu le séide de Sarkozy. Et comme il était resté dans la magistrature, il y a eu un amalgame. » Et d’ajouter : « Je n’ai pas eu de lien avec Sarkozy, j’ai rencontré Hollande aussi dans les années 2000 ça n’a dérangé personne. »
Il estime que, comme lui, Fabrice Burgaud, qui fut le juge d’instruction de l’affaire Outreau, « a été un peu chargé de tous les péchés de ce Tchernobyl judiciaire » : « Les autres magistrats sont passés inaperçus. Il a canalisé sur lui les péchés de l’institution et c’était un peu injuste. »