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Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Public Sénat
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Le gouvernement a nié mercredi l'existence d'une "cagnotte" liée à la forte réduction du déficit de la Sécurité sociale, qui devrait dégager des excédents à partir de 2019, excluant de "redistribuer" l'argent économisé sur le champ de la "Sécu".
"La Sécurité sociale va mieux (...) mais pas pour les bonnes raisons", a déclaré sur RTL la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, interrogée sur les intentions du gouvernement à l'aune de ces résultats.
Cette amélioration ne survient "pas parce que nous avons fait les réformes structurelles" mais "parce qu'il y a eu une rentrée assez brutale d'argent en fin d'année grâce à la reprise de l'emploi et à la croissance", a-t-elle expliqué.
Selon un rapport publié mardi, le déficit global de la Sécu devrait passer de 5,1 milliards d'euros en 2017 à 300 millions cette année, bien en dessous des 2,2 milliards prévus dans le budget voté à l'automne.
Les prévisions de recettes (cotisations, impôts...) ont notamment été revues à la hausse pour 2018, et de copieux excédents sont attendus par la suite: 3,3 milliards d'euros en 2019, 7,7 milliards en 2020.
"Cela ne veut pas dire qu'on utilise cet argent de la croissance pour redistribuer sans objectif", a tempéré la ministre. "Si la croissance diminue un peu nous risquons d'avoir à nouveau ce trou qui se creuse", a-t-elle expliqué, en référence à la dette sociale accumulée depuis plus de vingt ans et qui doit être totalement remboursée en 2024.
Pour éviter de nouveaux dérapages budgétaires, "nous avons besoin de travailler à des réformes structurelles qui font que les dépenses s'accélèrent moins vite que ce n'est le cas aujourd'hui", a-t-elle ajouté.
Interrogé à l'Assemblée nationale par la députée LREM Christine Cloarec, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a refusé de son côté d'évoquer une "cagnotte", insistant sur la nécessité de réduire durablement la dette publique.
"De même qu'il n'y a pas de cagnotte quand il y a 2.200 milliards de dette, il n'y a pas de cagnotte lorsqu'il y a encore 120 milliards de dette sociale et que nous avons à financer la réforme des retraites" et "la réforme de la dépendance", a-t-il insisté.
Le débat sur la "cagnotte", qui avait marqué la fin du quinquennat Jospin à Matignon en 2002, a fait son retour sur le devant de la scène ces derniers mois à la faveur de la réduction du déficit, passé de 3,4% du PIB en 2016 à 2,6% l'an dernier. L'exécutif a cependant écarté toute redistribution, donnant la priorité à l'amélioration des comptes publics.