Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Public Sénat
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L’Union Européenne apparaît de moins en moins comme un idéal ou comme une protection aux yeux des Européens. Pour cette émission intitulée « Demain l’Europe », intellectuels, hommes politiques, philosophes débattront de l’avenir de la construction européenne. Organisé par Public Sénat et France 24, le débat sera ponctué de duplex depuis les capitales européennes, afin de mieux cerner les conséquences de cette élection.
Geórgios Katroúgalos , ministre grec des Affaires étrangères
Denis MacShane, ancien ministre britannique aux Affaires étrangères
Jean-Claude Trichet, ancien président de la banque centrale européenne
Carlos Moedas, commissaire européen pour la recherche, la science et l’innovation
Mario Borghezio, député européen italien de la ligue du nord
Viviane Reding, ancienne députée européenne (PPE) et ancienne commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté
Lors du premier thème de ce débat, « l’Europe, un continent de la prospérité ? », l’ancien président de la banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet a dressé un constat positif de la situation des Européens. « Quand je compare sur 20 ans, l’Europe et les États-Unis, j’observe que la croissance par tête est approximativement la même (…) On accrut approximativement de 1,5 point en Europe et 1,2 aux États-Unis. Donc, il n’y a pas de misère européenne, contrairement à ce que tout le monde dit » a-t-il assuré.
À titre d’exemple, Jean-Claude Trichet a repris l’exemple donné peu avant par Carlos Moedas, commissaire européen pour la recherche qui a indiqué que depuis 2014, « l’Europe a créé plus de 12 millions d’emplois ».
Carlos Moedas, Commissaire européen portugais à la recherche, à l’innovation et à la science, a réagi aux propos tenus par Mario Borghezio, député européen italien de la ligue (extrême-droite) sur la question migratoire.
« Un pays seul ne peut pas résoudre l’enjeu des migrations et des réfugiés. Nous, en Europe, à la Commission européenne, on a fait une proposition de solidarité et de partage, que certains pays n’ont pas accepté. Le discours de la Commission était de dire que l’Italie et la Grèce ne pouvaient pas tenir, il faut partager », a expliqué Carlos Moedas. « Les gens doivent savoir que ce sont les pays qui sont responsables sur cette question. Certains pays ne nous ont pas laissé travailler sur la seule solution de partage réalisable […] Il faut continuer à travailler au niveau européen. Il n’y a pas de solutions au niveau national », a-t-il affirmé.
Depuis le Luxembourg, l’ancienne députée européenne (PPE) et l’ancienne commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding a évoqué l’enjeu du changement climatique pour le continent européen. « Heureusement que les jeunes étaient dans la rue et ont fait entendre très clairement leur message ! Vous les politiques vous n'êtes pas assez rapides ».
Mais pour Viviane Reding, « il ne faut pas seulement parler du changement climatique, il faut surtout agir sur le terrain (…) en changeant notre manière de vivre ». « L’Europe a un grand avantage, car elle a un dynamisme extraordinaire en ayant décidé de faire mieux à l’avenir et elle a la jeunesse dans le dos qui lui dit : allez-y on vous soutient ». Une référence claire aux marches pour climat organisé par les lycéens, cette année.
Une intervention que l'ancien ministre britannique aux Affaires étrangères, Denis MacShane, a trouvé quelque peu « angélique » en prenant l'exemple de la crise des gilets jaunes en France. « Mme Reding est un peu angélique. Regardez ce qui s'est passé en France ! Le gouvernement a décidé d'augmenter légèrement le prix de l'essence. Tout de suite, six mois de révolte publique » a-t-il pris comme exemple.
L’Union européenne un nain politique ? Pour Carlos Moedas, ce constat s’explique par la complexité des institutions et le manque d’explications de celles-ci auprès des citoyens.
« Il y a un problème structurel : on ne raconte pas l’histoire de l’Europe aux enfants, on ne leur raconte pas dans les lycées. Ils connaissent le Sénat et la Maison blanche, mais ne savent ce qu’est le Parlement à Bruxelles ou le Conseil de l’Europe. Il y a effectivement une difficulté qui a été créée par la complexité des institutions au fil des années. Il faut être beaucoup plus clair », a affirmé le Commissaire européen.
« C’est cette idée de simplification qu’il faut mettre en place en Europe afin de pouvoir expliquer comment les institutions fonctionnent […] Il faut qu’à partir de l’école primaire, le fonctionnement et le rôle de l’UE soit enseignés comme discipline obligatoire », a-t-il suggéré.
Le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Katrougalos a considéré que l’Europe avait besoin « d’une défense européenne autonome ». « Parce qu’il faut avoir une influence sur la scène internationale beaucoup plus grande qu’aujourd’hui. L’Europe qui protège ne doit pas protéger uniquement au niveau social. Elle doit aussi donner des garanties au niveau de ses frontières externes ».