Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Alice Bardo / Sujet vidéo : Nelson Getten
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« Un astre mort ». Voilà comment le politologue Stéphane Rozès, président de CAP et enseignant à Sciences-po et HEC, qualifie le parti socialiste, ou plutôt « ce qu’il en reste » comme le précise Xavier Iacovelli, sénateur PS des Hauts-de-Seine.
Dimanche, le parti à la rose a subi une déroute sans précédent à l’issue du premier tour des législatives partielles. Dans le territoire du Belfort, la gauche socialiste n’a récolté que 2,6% des voix, se plaçant ainsi derrière Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, et les Verts. Un « score de petite secte », estime Stéphane Rozès, qui confirme qu’il s’agit « sans doute du niveau le plus bas jamais atteint par cette grande famille qu’était la famille socialiste ».
De son côté, Xavier Iacovelli analyse ce résultat comme étant « symptomatique du PS actuellement ». Depuis la défaite de Benoît Hamon à la présidentielle – 6,35% des voix, « un score presque groupusculaire » commente Stéphane Rozès – le parti est en déliquescence. Et les résultats de dimanche ne font que le confirmer. Le Parti socialiste peut-il se « reconstruire » comme l’envisage Stéphane Le Foll s’il est élu à sa tête en mars prochain ?
Olivier Faure, l’un de ses concurrents, plaide plutôt pour une « renaissance », comme si le parti était déjà mort. Le président du groupe socialiste au Palais Bourbon comparait ce matin sur France Inter l’appareil socialiste à « un bus où tous les dirigeants se disputent le volant et tous les copilotes sont sur le côté avec chacun une direction ». « Comment voulez-vous mettre ses enfants dans ce bus ? », interroge-t-il.
D’après le député socialiste, son parti a certes « été sanctionné », mais « il le méritait ». Il estime qu’il est désormais temps de retourner aux fondamentaux de Jaurès tout en « entrant dans la modernité ». Une volonté partagée par le sénateur PS Xavier Iacovelli, qui remarque d’ailleurs que « c’est le seul parti à ne pas utiliser le vote électronique ». Selon lui, seul Luc Carvounas à la présidence du PS pourrait changer la donne, grâce à sa « volonté de faire repartir des territoires » : « La refondation ne passera pas par le Congrès à Aubervilliers (7 et 8 avril prochains) mais partira des territoires. »
La ligne de défense des socialistes est claire : après le constat amer de la défaite aux législatives partielles, il convient de souligner la victoire de la « gauche rassemblée » à Auterive (Haute-Garonne), à l’issue des élections municipales anticipées. Un argument de plus pour rappeler que le parti à la rose est encore présent sur le territoire métropolitain, et notamment dans les grandes métropoles et villes de France : Anne Hidalgo à Paris, Martine Aubry à Lille, Johanna Rolland à Nantes… Toutes socialistes, mais également des femmes. Et là encore, à gauche, on ne manque pas de le rappeler pour contrer le « mauvais procès » fait au PS pour l’absence de femmes candidates à la présidence du parti, aux côtés de Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel, Luc Carvounas et Olivier Faure. « Le parti a toujours mis en avant la parité », renchérit Xavier Iacovelli avant d’ajouter qu’ « on n’est pas à un concours de beauté ».
« Peu de femmes voulaient y aller », tempère Gérard Grunberg, directeur de recherche émérite au CNRS ainsi qu’au centre d’études européennes de Sciences Po. Najat Vallaud-Belkacem avait en effet renoncé à se présenter. Delphine Batho et Myriam Petit n’ont quant à elles pas récolté les seize parrainages nécessaires pour candidater.
Reste à élire une figure capable d’incarner le leadership du Parti socialiste, « tiraillé entre le macronisme, « avatar moderne du bonapartisme », et la France insoumise, « qui occupe le terrain de la vocation protestataire et tribunitienne du parti communiste », analyse Stéphane Rozès. « Est-ce que la personnalité élue en avril le sera avec une large majorité, suffisante pour avoir un certain leadership ? » doute Gérard Grunberg, peu optimiste quant à l’avenir du parti, qu’il estime « ne pas être en état de se redresser pour l’instant ». D’autant que les élections européennes approchent (mai 2019) et qu’il est peu probable que le score du PS dépasse les 5% selon le politologue. Et de conclure : « 2018 sera une année fondamentale. Le PS va-t-il être définitivement marginalisé comme le PCF ou se redresser ? » Avec un nombre de militants qui s’étiole, des débâcles électorales qui s’accentuent et des membres qui désertent, le chemin vers le redressement s’annonce encore long.