Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Alice Bardo
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« Nous demandons à nos troupes d’intervenir partout, il faut leur donner les moyens de cette mobilisation », réclame Jean-Pierre Raffarin. « Dans un contexte de plus en plus dangereux » comme le souligne le rapport, « les besoins de nos armées sont croissants ». D’où la nécessité d’adopter « vite » une nouvelle loi de programmation militaire. Et ce dès 2018, réclament les sénateurs, ce qui impliquerait un dépôt du projet de loi à l’automne 2017.
Il s’agirait de consentir à un effort supplémentaire de l’ordre de « deux milliards d’euros supplémentaires par an », afin de porter le budget de la Défense à 2% du PIB. En 2016, il représentait 1,79% du PIB. « Ce seuil n’a guère de valeur en soi », précisent les auteurs du rapport, mais « un rôle mobilisateur ».
30 000 soldats des forces françaises sont mobilisés en France et dans le monde. Insuffisant compte tenu « des graves menaces pensant sur notre territoire, nos concitoyens et nos intérêts » précisent Jean-Pierre Raffarin et Daniel Reiner. Or renforcer les forces opérationnelles implique des moyens supplémentaires. Et ce ne sont pas les seuls besoins pour assurer la défense française. « Le sur-engagement conduit à une usure accélérée des hommes comme des matériels », pointe le rapport. Autres investissements nécessaires, ceux liés aux « exigences propres à la guerre moderne », comme la cybersécurité.
Outre les besoins de court terme, il est « indispensable » de maintenir notre force de dissuasion nucléaire sur le long terme. Le budget alloué à ce poste de dépense devra avoir « quasiment doublé » à l’horizon 2025 par rapport à 2013, recommandent les sénateurs.
Jean-Pierre Raffarin et Daniel Reiner ont également mis en garde contre l’instauration d’un nouveau service national universel et obligatoire, souhaitée par Emmanuel Macron. Selon eux, le coût serait « très élevé, jusqu’à 30 milliards sur 5 ans ». C’est « un projet de société bien plus qu’un enjeu de défense », ajoutent-ils pour dissuader l’exécutif de plomber le budget de la Défense avec un tel dispositif : « Cela ne doit pas « tuer dans l’œuf » la remontée en puissance des moyens des armées » telle qu’organisées dans leur rapport.