Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Héléna Berkaoui
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Un discours « presque testamentaire », pour le sénateur LR, Patrick Chaize. Le Premier ministre s’est exprimé devant l’assemblée des départements de France (ADF), vendredi 3 décembre, lors de la clôture des assises nationales. Un exercice formel bien que ponctué de quelques envolées. Le Premier ministre a, par exemple, assuré qu’il serait « un peu couillon » de sa part de renoncer à l’expérimentation du transfert de routes nationales aux régions alors qu’il le réclamait du temps où il était élu des Pyrénées-Orientales.
Côté annonces, Jean Castex a « assumé » de ne pas promettre le grand soir de la décentralisation. « Nous assumons qu’en fin de quinquennat, il faut améliorer tout ce qui peut l’être sans changer profondément les règles du jeu », a-t-il ainsi déclaré. Pour autant, certaines des réclamations formulées ont été entendues. C’est notamment le cas des gestionnaires de collèges qui seront bientôt placés sous l’autorité des départements.
Concernant les représentants de l’Etat auprès des départements dont les effectifs ont fondu de 35 %, Jean Castex dit avoir « immédiatement mis un terme à cette saignée ». Les effectifs des directions départementales interministérielles se voient donc renforcés, une nouvelle augmentation des effectifs est inscrite dans la loi de finances pour 2022, a souligné le Premier ministre. « C’est pas le Pérou », reconnaît-il toutefois.
Dans le même esprit, le Premier ministre admet que la loi 3DS n’est pas révolutionnaire. « C’est une somme de petites améliorations et je l’assume. Il va y avoir un grand débat national qui va s’instaurer à la faveur de l’élection présidentielle et nous verrons si nous devons aller plus loin dans l’exercice de décentralisation », a développé Jean Castex. La crise sanitaire n’étant le moment propice à de grands chambardements, justifie-t-il.
Pour séduire son auditoire, le « Premier ministre des territoires » n’a pas manqué de rappeler son parcours et le fait qu’il a « exercé l’éminente fonction de conseiller départemental des Pyrénées-Orientales ».
« Nous souhaitons donner davantage de responsabilités, de libertés aux territoires de la République. Ça a toujours été mon combat politique », revendique l’ancien maire de Prades. Il s’est dit conscient « des conséquences que cette crise a eues sur (les) comptes » des départements avec notamment une augmentation des allocataires du RSA de 7 %. Là encore, pas de grandes promesses mais quelques gages :
« Sur ces sujets financiers, je veux vous dire que nous sommes favorables à autoriser les provisions contracycliques et à l’instauration d’une clause de sauvegarde pour pallier dans le temps les effets des variations de charges et de dépenses », s’est-il engagé.
La crise a laissé des traces comme en témoigne le président de l’ADF, François Sauvadet. « Je sens sur le terrain, une montée de la précarité des plus précaires, ces situations engendrent des violences », a-t-il alerté. Les départements, dont les compétences ont principalement trait à l’action sociale, font figure de vigie sur ces questions.
Faute de grandes annonces, Jean Castex a longuement salué l’investissement de ces collectivités au plus fort de la crise sanitaire. « La France a besoin de l’Etat et des collectivités décentralisées. Cette crise sanitaire nous a fait redécouvrir qu’on a besoin de plus en plus de proximité », a insisté le Premier ministre. Face à la 5e vague, le locataire de Matignon a aussi invité à la poursuite de « ce travail collaboratif ». « Il ne faut pas baisser la garde », prévient-il.
Un discours pour la forme donc, mais sans annonces significatives les attentes de l’assemblée des départements restent entières. En amont de l’allocution du Premier ministre, le président de l’ADF exprimait leur malaise. « Nous avons mal vécu cette forme d’asphyxie financière permanente, cette remise en cause de nos libertés locales. Nous avons mal vécu la première partie de quinquennat : nous avons eu la suppression de la taxe d’habitation, le transfert du foncier bâti, la centralisation rampante et puis je ne parle pas des 80 km imposés sans la moindre concertation », a rappelé François Sauvadet. Tout un programme.