Politique
Invité de la matinale de Public Sénat, le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel a demandé la démission d’Emmanuel Macron et l’organisation de nouvelles élections.
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Par Guillaume Jacquot (Images : Jérôme Rabier et Quentin Calmet)
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Il y a d’abord eu cette analyse du ministre de l’Intérieur sur l’assassinat par décapitation du professeur Samuel Paty, lors de ses premiers mots au Sénat ce 22 octobre 2020. « C'est un attentat d'un nouveau genre », a expliqué Gérald Darmanin aux sénateurs qui l’auditionnaient aux côtés de son collègue de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Deux sénateurs du groupe majoritaire des Républicains ont tempéré ce point de vue. « C’est une situation nouvelle, non pas qu’elle ait été méconnue, mais elle trouve aujourd’hui une forme de concrétisation dramatique », a réagi François-Noël Buffet, président LR de la commission des lois. « Oui, ce peut être un attentat d’un nouveau genre, mais que des gens qu’on embrigade et qui aujourd’hui s’approprient des discours haineux – c’est aujourd’hui le danger de notre société – c’était là hier et avant-hier, et ça s’est accéléré depuis 2015 », a considéré la sénatrice Jacqueline Eustache Brinio (LR).
La sénatrice du Val-d’Oise n’a pas été entièrement satisfaite des questions réponses entre l’hémicycle et le gouvernement. « Il y a encore des questions sur lesquelles on n’a pas eu toutes les réponses », a-t-elle indiqué. L’enseignant assassiné avait-il adressé une lettre à ses parents ? Sur ce point, Jean-Michel Blanquer a botté en touche, renvoyant les parlementaires au rapport de l’inspection académique qui sera remis la semaine prochaine. La sénatrice a estimé que les interrogations autour des conclusions du renseignement territorial ou sur le principe de mise à l’écart des parents des choix pédagogiques restaient encore sans réponses. « Nous devons avoir les réponses de l’État sur le contexte », a-t-elle soutenu.
Quant aux réponses politiques, beaucoup de réflexions restent à mener, selon François-Noël Buffet. « Le droit n’est pas suffisamment pertinent pour nous permettre d’anticiper suffisamment à l’avance le traitement de ces situations », a considéré le sénateur du Rhône. « Il y a un moment où il faut trouver le moyen juridique qui soit parfaitement respectueux [des principes] mais à la hauteur des enjeux, et qui nous permette d’agir. C’est un enjeu fondamental. »
Le président de la commission des lois a promis que le Sénat se pencherait sur le sujet sans attendre les propositions du gouvernement. « On avait prévu la possibilité de suspendre l’activité d’association. À l’époque, cela n’a pas été repris, il faut sans doute le remettre sur la table », a rappelé François-Noël Buffet, citant l’une des préconisations du rapport de la commission d’enquête sur la radicalisation islamique. Co-rapporteure de ces travaux avec la sénatrice (Mouvement radical) Nathalie Delattre, Jacqueline Eustache Brinio s’est dite convaincue que le rapport sénatorial servirait de source d’inspiration pour le gouvernement. « Une bonne partie de ce que nous avions préconisé au mois de juillet devrait se retrouver dans les projets de lois contre le séparatisme en décembre. » La suspension temporaire d’une association cultuelle, décision intermédiaire entre l’inaction et la dissolution, a d’ailleurs été évoquée précisément par le ministre Darmanin (relire notre article).
Sur les questions éducatives, le sénateur socialiste David Assouline salue une prise de conscience de Jean-Michel Blanquer, mais redoute la mise en œuvre effective. « On voit bien que dans ce domaine, il y a une réflexion qui s’approfondit enfin sur la place des enseignants, de l’école, sur cette lutte pour la République », a-t-il réagi, après sa question sur la « revalorisation de l’enseignement civique et moral ». Pour le sénateur de Paris, le détachement des cours d’éducation civique des cours d’histoire-géographie, afin de sanctuariser leur place dans l’emploi du temps, « va dans le bon sens ». « Cela passera bien entendu par les moyens », a-t-il mis en garde. « Entre la volonté, ce qu’il m’a affirmé, le fait que financement on serait dans un rapport de trois heures contre une demi-heure, cela montre à quel point il y a des efforts à faire pour que ce soit réellement pris en compte », a souligné le sénateur membre de la commission de la culture et de l’éducation.
Loin d’approuver toutes les réponses des ministres, le parlementaire a surtout salué l’exercice de cette audition, qui s’est tenue moins d’une semaine après les faits. « C’est bien que le Parlement puisse, en temps réel, avoir des informations directement par les ministres, et ne pas les découvrir au gré d’articles de presse.