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Invité de la matinale de Public Sénat, le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel a demandé la démission d’Emmanuel Macron et l’organisation de nouvelles élections.
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Par Public Sénat
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Le clivage gauche-droite était particulièrement marqué au Sénat ce mercredi soir. Lors des débats sur le projet de loi sur le respect des principes de la République, l’hémicycle a adopté un amendement du groupe LR permettant, en dernier recours, la suspension du versement des allocations familiales aux parents d’un élève qui persisterait à ne pas se rendre à l’école, malgré les avertissements. L’amendement, présenté par Jacky Deromedi (LR), a été adopté par 210 voix pour – la quasi-totalité des membres du groupe LR, du groupe Union centriste et du groupe des Indépendants – et 125 voix contre – les socialistes, les communistes, les écologistes, le groupe RDPI à majorité LREM, et l’essentiel des sénateurs du Rassemblement démocratique social et européen.
Les Républicains ont souligné que cette sanction n’était « pas automatique » et que leur amendement était « équilibré ». « Cette suspension de l’allocation familiale est l’aboutissement d’étapes au cours desquelles un dialogue avec la famille est intervenu […] La suppression envisagée n’est donc pas immédiate », a expliqué le rapporteur Stéphane Piednoir.
Fait à souligner, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer n’a pas exprimé de position défavorable ou favorable, mais simplement un avis de sagesse. C’est-à-dire qu’il s’en est remis à la volonté des sénateurs, sur un sujet qu'il a qualifié « ni de droite, ni de gauche ». Il a cependant indiqué que dans le droit actuel, les autorités n’étaient « pas dépourvues d’outils pour faire pression sur les familles » pour assurer l’obligation de scolarisation.
« Je ne pense que ce soit le moment de changer le droit mais de l’appliquer », a-t-il déclaré. Le président du groupe socialiste Patrick Kanner a « regretté » l’avis de sagesse gouvernemental. « Il y a des sujets qui ne mériteraient pas du ‘en même temps’ mais un vrai clivage qui se manifeste entre la droite et la gauche », a expliqué l’ancien ministre des Sports de François Hollande.
Le dispositif introduit par la droite et les centristes fait écho au mécanisme du contrat de responsabilité parentale, en vigueur de 2006 à 2013. Affirmant que l’amendement de ses collègues était d’une inspiration « parfaitement humaniste », Philippe Bas (LR) a rappelé les chiffres de l’époque. Après 6280 seconds signalements adressés par les établissements scolaires aux inspections académiques, 147 demandes de suspension d’allocations ont été prononcées et 51 ont été effectives. « On constatera que ce n’était pas une machine à suspendre les allocations familiales […] Le cœur du dispositif, ce n’est pas la sanction, c’est précisément d’éviter cette sanction qui n’est prévue qu’en dernier recours », a justifié le sénateur de la Manche.
Le sénateur LR Jacques Grosperrin a estimé qu’il fallait envoyer un « signal fort » aux enfants. « Le premier respect des principes de la République, c’est d’aller à l’école de la République ». Quant à Cédric Vial (rattaché au groupe LR), il a vu dans cette disposition une façon de « faire venir à la table des familles qui, malgré les convocations, ne sont pas présentes ».
La gauche était vent debout devant cette ancienne idée de la droite. « Je ne crois pas qu’il y ait des parents laxistes ou complices. Je crois que c’est tout à fait marginal », s’est opposée la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, appelant à « aider les parents » à assumer leur rôle. « Croyez-vous qu’on peut éduquer des parents en les punissant », s’est également demandée l’écologiste Esther Benbassa. « On ne veut pas ajouter de l’exclusion à l’exclusion », s’est exclamé le socialiste Patrick Kanner.
Une différence d’appréciation sur la symbolique des allocations familiales a aussi opposé les bancs de gauche à ceux de la droite. « Les allocations familiales sont le fruit d’une politique démographique », a rappelé la sénatrice Cécile Cukierman, indiquant que cette « stigmatisation » de ces familles ne réglera pas le problème. Dominique de Legge (LR) a estimé que les allocations familiales étaient plus qu’une simple aide monétaire. « Que sont-elles, si ce n’est la reconnaissance par la nation de l’investissement éducatif que font les parents à l’endroit de leurs enfants, qui seront les adultes de demain ? »
Sur les bancs du groupe Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants (RDPI), composé en majorité de parlementaires LREM, les arguments de la droite n’ont pas convaincu. Tout le groupe – à l’exception d’une abstention – a voté contre l’amendement. « La sanction est-elle vraiment toujours la solution ? », a réagi la sénatrice LREM Nadège Havet, ajoutant que ce n’était « pas le sujet » de ce projet de loi. La position nette du groupe acquis à la majorité présidentielle pourrait augurer d’un retrait de cette disposition dans la suite de la navette parlementaire.