Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Béatrix Moreau
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En 2017, la présence du Front national au second tour ne crée plus la surprise. Pour le démographe Hervé Le Bras : « on en vient même à s’étonner que Marine Le Pen ne soit pas en tête », résultat, selon lui, « d’une lepennisation des esprits » opérée depuis 2002. Du coté du FN pourtant « rien n’a changé, le discours de Marine Le Pen pourrait être celui de son père » observe-t-il, mais le contexte « s’est transformé radicalement ». La surprise pour Frédéric Salat-Baroux, ancien conseiller du président Jacques Chirac, c’est « l’absence des partis traditionnels au second tour : l’évènement s’inscrit dans un mouvement révolutionnaire dégagiste », et « les guillotines politiques ne sèchent plus ».
Rien à voir avec le 21 avril 2002, à l’époque aucun sondage ne l’annonce et pourtant, ce soir là, le visage de Jean-Marie Le Pen apparait à 20h aux cotés de celui de Jacques Chirac. Pour la première fois, le Front National se qualifie au second tour de la présidentielle avec 16,9%, éliminant le candidat socialiste Lionel Jospin (16,2%). « C’était un choc terrible » se souvient Frédéric Salat-Baroux, « personne ne l’avait vu venir ». A l’Elysée, après l’annonce des résultats, il se souvient de « la gravité » qu’exprimait le visage du président « pour lui, la vie politique de la Ve République a alors radicalement changé ».
A l’époque, la réaction de la gauche est immédiate. Si Lionel Jospin entretient le suspens pendant une semaine sur ses intentions, les dirigeants du Parti Socialiste et les écologistes appellent à former un front républicain, avant tout par « sens des responsabilités » rappelle Frédéric Salat-Baroux. Le report des voix vers la candidature de Jacques Chirac « s’est fait alors sans poser de question ». Aujourd’hui, la stratégie du vote utile ne fait plus l’unanimité. « Ni patron ni patrie ! » crient les lycéens descendus dans la rue au lendemain des résultats de 2017. Comparée à celle d’il y a quinze ans, « c’est une réaction très différente » juge Hervé Le Bras « et pas très positive (...) même la jeunesse est blasée par rapport à cette époque ».
Mais au fond la plus grande différence entre 2002 et 2017, reste pour Hervé le Bras une question d’ambition, « il y a une très grande différence de personnalité entre Jean-Marie Le Pen et sa fille ». Lui, ne désirait pas le pouvoir « il était à sa place comme trublion, Marine Le Pen, elle, est prête ».