Politique
Budget 2026 : Sébastien Lecornu annonce un gel des dépenses qui dépendent de Matignon
Le Premier ministre annonce une stabilité des moyens de fonctionnement pour les administrations et services placés sous la responsabilité de Matignon.
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Par Louis Dubar
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« On s’attendait au pire », explique Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française aux Nations Unies. Les observateurs et spécialistes s’attendaient pour ces commémorations du 9 mai à une déclaration « hors-norme » de Vladimir Poutine dans le discours précédant la parade militaire sur la place Rouge : Déclaration de guerre officielle à Kiev, lancement d’une nouvelle offensive militaire ou l’annonce d’une victoire de l’armée à Marioupol. Pour cette édition 2022, les traditionnels défilés militaires du « Jour de la victoire » se sont déroulés dans un format réduit. D’après le magazine américain Forbes, les autorités russes auraient réduit de 35 % les moyens militaires alloués à ces événements.
Dans un très court discours davantage destiné aux Russes qu’à la communauté internationale, le président russe a de nouveau justifié sa guerre d’agression auprès de son peuple. « L’Otan se rapprochait de nos territoires. Ainsi, petit à petit, la menace inadmissible pour nous planait au-dessus de nos frontières », a expliqué Vladimir Poutine. Selon ce dernier, l’Occident « se préparait à une opération de représailles » en Crimée et dans le Donbass, « nos terres historiques. » L’ancien officier du KGB laisse également entendre que l’Ukraine est acquise aux « néonazis » et aux « adeptes de Stepan Bandera » (figure nationaliste ukrainienne controversée). Face à cette « menace grandissante », l’invasion de l’Ukraine fin février par l’armée était « la seule unique décision juste pour un pays souverain, fort et indépendant. La Russie était face à une menace inacceptable. »
Cette rhétorique de la citadelle assiégée par des forces étrangères « hostiles » à Moscou, prend tout son sens aujourd’hui notamment dans les conséquences géopolitiques du conflit, « des conséquences, qu’il a provoquées », souligne Dominique Trinquand. L’élargissement possible de l’UE à plusieurs ex-républiques soviétiques (l’Ukraine, la Moldavie et à la Géorgie), les adhésions « probables » de voisins proches (la Suède et de la Finlande) à l’alliance atlantique sont autant d’événements provoqués par la Russie qui justifient désormais « l’opération militaire » en Ukraine.
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Pour Dominique Trinquand, le chef du Kremlin « s’est tenu dans son discours, au statu quo. » « Ce discours est dans la suite logique des annonces et allocutions de propagande faites depuis vingt ans », explique-t-il. Pour le général français, l’annonce d’une mobilisation générale ou d’une déclaration de guerre officielle par Vladimir Poutine aurait été « un aveu de faiblesse. » « Il ne pouvait pas y avoir beaucoup de surprises. S’il rentrait dans le détail, ça aurait immédiatement montré des signes de défaillance », poursuit-il.
Plus de deux mois après le déclenchement des hostilités avec Kiev, l’heure est à l’unité nationale et au patriotisme pour ce 77e anniversaire de la victoire. Le maître du Kremlin s’est directement adressé aux soldats combattant dans le Donbass. En ce « Jour de la victoire » sur le nazisme, Vladimir Poutine a de nouveau évoqué les mythes de la Grande Guerre Patriotique, « une mémoire immortelle » et le souvenir des exploits militaires soviétiques de Léningrad, Stalingrad, Sébastopol, Minsk et Kharkov. « Aujourd’hui comme hier, vous vous battez pour notre peuple dans le Donbass, pour la sécurité de notre patrie, la Russie », a affirmé le président de la Fédération de Russie.
Sans dévoiler le nombre de militaires tombés au combat en Ukraine, Vladimir Poutine a honoré les mémoires des soldats tués en consacrant une minute de silence. « La mort de chacun de nos soldats est une perte irremplaçable », a avoué le dirigeant Russe. L’Etat « fera tout pour prendre soin des familles des victimes et une aide toute particulière sera adressée aux enfants des soldats. » Depuis le début des combats, Vladimir Poutine s’adresse régulièrement aux familles et aux proches des soldats tués. Pour Dominique Trinquand, le pouvoir russe a besoin de maintenir « une cohésion nationale forte », s’il veut continuer la guerre.
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